L'Ukraine (Україна) est un pays d'Europe de l'Est, le 2e plus grand d'Europe[1]. Elle a un débouché sur la mer Noire au sud, et des frontières avec la Russie à l'est, la Biélorussie au nord et la Pologne, la Slovaquie, la Roumanie, la Hongrie et la Moldavie à l'ouest.
L'Ukraine fut le foyer du premier État slave oriental, fondé par des Scandinaves, la Rous' de Kiev (appelée dans les écrits occidentaux Ruthénie), qui durant les Xe et XIe siècles fut l'État le plus grand et le plus puissant d'Europe.
Affaiblie par des querelles internes et les invasions mongoles, la Ruthénie fut progressivement intégrée au Grand-Duché de Lituanie et finalement, au XVIe siècle, dans la Confédération lituano-polonaise.
Au milieu du XVIIe siècle, suite à une révolte populaire des Cosaques du Registre et de la Sich, ainsi que des paysans ukrainiens, un État autonome ukrainien, l'Hetmanat cosaque, fut établi et perdura pendant plus d'un siècle malgré la pression des envahisseurs moscovites attirés par les terres riches et fertiles. Suite au traité d'Androussovo, il fut partagé en deux, l'un sous protectorat Polonais, l'autre sous protectorat Moscovite qui perdura pendant plus d'un siècle. le territoire des Cosaques Zaporogues de la Sich fut tout d'abord cogéré par les deux souverains.
Catherine la Grande, impératrice de Russie, supprima le Hetmanat au milieu du XVIII siècle et détruisit la Sich dans le dernier quart du XVIII siècle. Le partage de la Pologne lui permit de récupérer pratiquement toute l'Ukraine de la rive droite, à l'exception de la Galicie, passée sous contrôle de l'Empire Austro Hongrois.
La culture ukrainienne connut une renaissance au XIXe siècle. Moscou ne tarda pas à réagir et, en 1876, interdit la langue ukrainienne dans les écoles, les journaux et la littérature. En 1892, Kiev comptait près d'un demi-million d'habitants.
Après la Révolution d'octobre de 1917, l'Ukraine fut brièvement indépendante jusqu'en 1920. La Rada ukrainienne centrale proclama le 20 novembre 1917 la République Populaire d'Ukraine et le 25 janvier 1918 sa séparation d'avec la Russie tsariste. Le premier chef d'État ukrainien devint V.K. Vinnitchenko.
Pour combattre l'armée rouge qui contrôlait alors une partie de l'Ukraine, la Rada centrale chercha le soutien des Allemands qui organisèrent un coup d'État et renversèrent le gouvernement de Vinnitchenko, mettant à sa place P.P. Skoropadski. Mais l'Allemagne perdit la Première Guerre mondiale et Skoropadski, dépourvu de tout soutien, fut renversé par le mouvement populaire, guidé par Simon Petlioura. Finalement, le 14 décembre 1918, la République populaire d'Ukraine fut rétablie avec V.K. Vinnitchenko.
L'Ukraine fut envahie par l'Armée rouge et ramenée dans le giron russe. L'ancien « grenier » de la Russie tsariste, devenu une république fantoche, continuait à ravitailler les centres urbains soviétiques. Le 30 décembre 1922, l'URSS naissait du traité qui réunissait la RSFSR, la Biélorussie, l'Ukraine et la Transcaucasie[2]. Dans le conflit qui opposa les communistes du centre (Moscou) et les partis communistes nationaux, c'est le centre qui l'emporta et imposa une fédération.
Quand Staline déclencha sa révolution industrielle vers la fin des années 1920, l'Ukraine devint l'une des sources indispensables de son financement. Les années d'industrialisation furent marquées par la construction de la plus grande centrale hydraulique de l'Europe sur le Dniepr (le DnieproGuES), ce qui contribua à l'électrification de la République, ainsi qu'une importante mise en valeur du grand bassin minier et métallurgique, le Donbass.
Après une brève période d'ukrainisation (campagne dite de « korenizatsiya ») dans les années 20, se traduisant par le retour à la langue d'origine dans les publications, la réouverture des écoles et des universités avec un enseignement en ukrainien et la promotion des cadres nationaux, Staline ne ménagea pas les efforts pour réprimer le moindre signe d'un réveil national ukrainien, interprété comme un rejet du pouvoir bolchevik et une menace à l'intégrité de l'URSS.
Sous Staline, une famine génocidaire provoquée artificiellement par la collectivisation forcée des paysans et la réquisition de la majorité de leurs récoltes, politique décidée par Staline, aurait fait entre 3 et 7 millions de victimes en Ukraine de 1932-33, alors que cette région était la plus prolifique d'un point de vue agricole de toute l'URSS ; les Ukrainiens l'appellent « Holodomor » ou « l'extermination par la faim ». Selon certains analystes, cette famine entrait dans le cadre de ses opérations de répression des peuples montrant de la résistance au régime stalinien (notamment par des vélléités d'indépendance) (ex : Tchétchènes, Allemands de la Volga).
Des exécutions et des déportations d'intellectuels Ukrainiens sont orchestrées par son régime durant les purges de 1937-1939 : quelques millions d'Ukrainiens sont exécutés ou envoyés vers des camps de travail soviétiques. En outre, le Kremlin qui prônait l'athéisme d'état s'attaque aux symboles religieux, dont les églises et les cathédrales en détruisant plus de 250 édifices.
Après l'invasion de la Pologne en 1939 par les troupes allemandes et soviétiques, certaines régions polonaises à forte minorité ukrainienne furent annexées par l'Union soviétique et incorporées au sein de l'Ukraine occidentale.
Au printemps 1941, l'Ukraine fut rapidement envahie par les armées allemandes. Durant deux ans, les exactions des nazis furent terribles. Massacres de milliers d'Ukrainiens, pillage systématique des ressources naturelles et agricoles, chasse aux partisans avec des centaines de villages brûlés qui voient leur population massacrée (plus de 12 millions de morts[réf. nécessaire]).
En 1944, l'Armée rouge libéra des nazis et reconquit la plus grande partie de l'Ukraine. Quant aux indépendantistes, ils continuèrent leur résistance armée contre l'URSS jusqu'en 1954.
Le 24 octobre 1945, sous l'initiative soviétique, pour marquer la reconnaissance de leur contribution dans la lutte conte le nazisme, l'Ukraine et la Biélorussie obtinrent leurs propres places à l'ONU.
En 1954, le chef soviétique Nikita Khrouchtchev transféra la Crimée à la République soviétique socialiste d'Ukraine pour marquer le 300e anniversaire du Traité de Pereïaslav.
Ce n'est qu'en 1989 que la libéralisation du régime soviétique et la libération des détenus politiques permit aux Ukrainiens de s'organiser pour défendre leurs droits. En 1989, le Mouvement national ukrainien, Roukh, fut créé. Lors des élections de mars 1990, les partis ukrainiens du bloc démocratique ont alors obtenu environ 25 % des sièges au Parlement. Sous l'influence des députés démocrates, le Parlement adopta, le 16 juillet 1990, la Déclaration sur la souveraineté politique de l'Ukraine. Ce fut le premier pas vers l'indépendance complète de l'Ukraine. Celle-ci fut proclamée le 24 août 1991 et confirmée par le référendum du 1er décembre 1991 : 90,5 % d'électeurs votèrent pour l'indépendance. La semaine suivante, l'URSS cessa d'exister suite à la dissolution décidée lors de la réunion à Minsk des dirigeants russe, ukrainien et biélorusse.
L'Ukraine devint l'un des membres-fondateurs de la Communauté des États indépendants.